Publié le 30 avril 2026 par Mon Pôle Formation
L’apprentissage dans l’enseignement supérieur connaît une croissance sans précédent qui interpelle les observateurs institutionnels. Selon un rapport du Conseil d’Évaluation et de Suivi des Politiques de la Mobilité (CESPM) publié fin avril 2026 et relayé par Studyrama, cette expansion rapide soulève désormais des questions essentielles sur la qualité des parcours, l’accès équitable aux contrats et l’adéquation entre formation et besoins économiques. Cette analyse intervient dans un contexte où les pouvoirs publics ont massivement investi dans l’alternance depuis la réforme de 2018, faisant de ce mode de formation un pilier central des politiques d’emploi et d’insertion professionnelle en France.
Une progression spectaculaire de l’apprentissage dans le supérieur depuis 2018
Depuis la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018, l’apprentissage dans l’enseignement supérieur a connu une croissance exponentielle. Selon les données du Ministère du Travail, le nombre d’apprentis dans les formations post-bac a plus que doublé entre 2018 et 2025, passant de 290 000 à près de 670 000 contrats signés.
Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs structurels. D’une part, la réforme a considérablement simplifié les démarches administratives pour les entreprises et augmenté les aides financières à l’embauche d’alternants. D’après France Compétences, l’organisme régulateur du financement de la formation professionnelle, les coûts-contrats pour l’apprentissage représentaient 11,2 milliards d’euros en 2024, soit une hausse de 125% par rapport à 2019.
D’autre part, les établissements d’enseignement supérieur ont massivement développé leurs offres en alternance, voyant dans ce mode pédagogique un argument d’attractivité face à la concurrence et aux exigences d’employabilité des étudiants. Les écoles de commerce, d’ingénieurs et les universités ont multiplié les partenariats avec les entreprises, transformant parfois radicalement leur modèle pédagogique.
| Niveau de formation | Nombre d’apprentis 2018 | Nombre d’apprentis 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| BTS/DUT | 145 000 | 285 000 | +97% |
| Licence/Bachelor | 68 000 | 165 000 | +143% |
| Master/Ingénieur | 77 000 | 220 000 | +186% |
| Total supérieur | 290 000 | 670 000 | +131% |
Les alertes du CESPM : des questions de qualité et d’équité
Le rapport du CESPM publié en avril 2026 met en lumière plusieurs points de vigilance. Premier constat : la qualité pédagogique des formations en apprentissage n’est pas toujours au rendez-vous. L’ouverture rapide de nouvelles formations, parfois motivée davantage par des considérations financières que pédagogiques, pose la question de l’accompagnement réel des apprentis.
Selon le rapport, « la massification de l’apprentissage dans le supérieur s’est opérée à un rythme tel que certains établissements ont peiné à adapter leurs ressources pédagogiques et leurs équipes d’encadrement ». Les maîtres d’apprentissage en entreprise, acteurs clés du dispositif, ne bénéficient pas toujours d’une formation adéquate, créant des disparités importantes dans l’expérience vécue par les apprentis.
Deuxième préoccupation majeure : l’équité d’accès. Si l’apprentissage devait favoriser l’insertion de tous les publics, le rapport souligne que les contrats se concentrent massivement dans certains secteurs et certains profils. Les jeunes issus de milieux défavorisés ou de territoires ruraux rencontrent davantage de difficultés à décrocher un contrat, notamment dans les cursus les plus prestigieux. Cette sélectivité renforce paradoxalement les inégalités plutôt que de les réduire.
Conformément aux principes énoncés sur Service-public.fr, l’apprentissage doit être accessible à tous les jeunes de 16 à 29 ans révolus. Pourtant, les données montrent une surreprésentation des profils déjà favorisés dans l’accès aux contrats les plus valorisants.
Mon Pôle Formation est un organisme certifié Qualiopi, gage de qualité reconnu par l'État. Toutes nos formations sont éligibles au financement CPF et OPCO.
Les enjeux financiers et la soutenabilité du modèle
Le financement de l’apprentissage repose sur des mécanismes complexes impliquant France Compétences, les Opérateurs de Compétences (OPCO) et l’État. Le coût du développement exponentiel de l’alternance interroge sur la soutenabilité budgétaire du système. En 2024, le déficit de France Compétences a atteint des niveaux préoccupants, conduisant à des ajustements dans les niveaux de prise en charge.
Le rapport du CESPM pointe également le risque d’effets d’aubaine : certaines entreprises bénéficient d’aides publiques importantes pour recruter des alternants qu’elles auraient de toute façon embauchés, sans création nette d’emplois supplémentaires. Cette question de l’efficience de l’argent public mobilisé nécessite une évaluation rigoureuse.
Par ailleurs, la concentration des contrats dans certaines filières (commerce, gestion, informatique) au détriment d’autres secteurs en tension (santé, travail social, métiers manuels) pose la question de l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins réels de l’économie. D’après le Ministère du Travail, certains métiers en forte demande peinent à attirer des apprentis, malgré des perspectives d’emploi excellentes.
Mon Pôle Formation propose plus de 300 formations dans des domaines variés : bureautique, langues, management, sécurité et intelligence artificielle.
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Demander un conseil gratuit →Apprentissage et reconversion : quelles opportunités pour les adultes ?
Si le rapport du CESPM se concentre principalement sur la formation initiale, l’apprentissage concerne également les adultes en reconversion professionnelle. La limite d’âge à 29 ans révolus constitue un frein pour de nombreux actifs souhaitant se réorienter via cette voie. Toutefois, des dérogations existent, notamment pour les personnes en situation de handicap ou les créateurs d’entreprise.
Pour les professionnels en activité, d’autres dispositifs permettent de suivre des formations qualifiantes. Le Compte Personnel de Formation (CPF), accessible via moncompteformation.gouv.fr, offre la possibilité de financer des cursus certifiants sans passer par l’apprentissage. Les formations éligibles sont nombreuses et couvrent un large spectre de compétences et de métiers.
Les organismes de formation certifiés Qualiopi, comme Mon Pôle Formation, proposent des parcours adaptés aux besoins des adultes en reconversion, avec des modalités souples (présentiel, distanciel, hybride) et un accompagnement personnalisé. Ces formations permettent d’acquérir de nouvelles compétences tout en restant en emploi ou en bénéficiant d’un financement adapté à sa situation.
Le rapport souligne que les adultes en reconversion ont des besoins spécifiques qui ne sont pas toujours pris en compte dans les formations initialement conçues pour un public jeune. L’enjeu est donc de développer des parcours sur-mesure, avec une pédagogie adaptée aux contraintes des actifs (rythmes compatibles, validation des acquis de l’expérience, modularité).
Recommandations et perspectives d’évolution
Face aux constats dressés, le CESPM formule plusieurs recommandations pour garantir un développement qualitatif et équitable de l’apprentissage dans le supérieur. Parmi les axes prioritaires :
- Renforcer le contrôle qualité des formations : instaurer des audits réguliers des organismes proposant des cursus en alternance, avec des critères d’évaluation précis (taux d’insertion, satisfaction des apprentis, qualité de l’encadrement).
- Former les maîtres d’apprentissage : rendre obligatoire une formation initiale et continue pour tous les tuteurs en entreprise, afin d’harmoniser les pratiques et garantir un accompagnement de qualité.
- Améliorer l’accès pour tous les publics : mettre en place des dispositifs d’accompagnement renforcé pour les jeunes issus de territoires ou de milieux défavorisés, avec des quotas incitatifs et un soutien à la recherche de contrats.
- Piloter l’offre de formation selon les besoins : orienter le développement de l’apprentissage vers les secteurs en tension et les métiers d’avenir, avec une meilleure coordination entre acteurs économiques et établissements de formation.
- Évaluer l’efficience des dépenses publiques : mener des études d’impact rigoureuses pour mesurer la création nette d’emplois et ajuster les aides en fonction des résultats.
Ces recommandations s’inscrivent dans une logique d’amélioration continue du système français de formation professionnelle, qui doit conjuguer ambition quantitative et exigence qualitative. L’apprentissage reste un levier majeur d’insertion et de montée en compétences, à condition d’en maîtriser le déploiement et d’en corriger les dérives potentielles.
Ce qu’il faut retenir
- L’apprentissage dans l’enseignement supérieur a plus que doublé depuis 2018, atteignant 670 000 contrats en 2025.
- Le rapport du CESPM d’avril 2026 alerte sur des enjeux de qualité pédagogique, d’équité d’accès et de soutenabilité financière.
- Certaines formations ont été ouvertes trop rapidement, sans adaptation suffisante des ressources pédagogiques et d’encadrement.
- L’accès aux contrats d’apprentissage reste inégalitaire, favorisant les profils déjà avantagés et certains secteurs au détriment d’autres.
- Le coût du dispositif interroge sur son efficience : France Compétences fait face à des déficits importants.
- Pour les adultes en reconversion, le CPF et les formations certifiées Qualiopi offrent des alternatives pertinentes à l’apprentissage classique.
- Des mesures correctives sont nécessaires : contrôle qualité renforcé, formation des maîtres d’apprentissage, meilleure orientation vers les métiers en tension.
Face à ces enjeux, il est essentiel de s’appuyer sur des partenaires de formation reconnus pour leur expertise et leur engagement qualité. Que vous soyez en reconversion professionnelle, en recherche de montée en compétences ou en réflexion sur votre orientation, choisir un organisme certifié garantit un accompagnement rigoureux et des formations adaptées aux réalités du marché. Mon Pôle Formation, organisme lyonnais certifié Qualiopi, vous accompagne dans la construction de votre projet professionnel avec des formations éligibles au CPF, des formateurs experts et un suivi personnalisé. N’hésitez pas à nous contacter pour définir ensemble le parcours qui correspond à vos ambitions et à vos contraintes.