Publié le 18 juillet 2026 par Mon Pôle Formation
Jean-Pierre Farandou, président-directeur général de la SNCF, a récemment proposé une transformation majeure du Compte Personnel de Formation (CPF). Selon les informations révélées par AEF info, le dirigeant souhaite instaurer un système de vérification préalable des demandes de formation, transformant ainsi le CPF en véritable « compte professionnel de formation ». Cette proposition intervient dans un contexte de multiplication des fraudes et de questionnements sur l’efficacité du dispositif actuel.
Le CPF actuel : un dispositif en mutation permanente
Depuis sa création en 2015, le Compte Personnel de Formation a connu plusieurs évolutions majeures. Remplaçant le Droit Individuel à la Formation (DIF), ce dispositif permet à chaque actif de cumuler des droits à la formation tout au long de sa carrière professionnelle. Selon le Ministère du Travail, plus de 38 millions de comptes sont aujourd’hui actifs en France.
Le principe fondateur du CPF repose sur l’autonomie : chaque titulaire choisit librement sa formation parmi le catalogue des formations éligibles, sans validation préalable de son employeur ou d’un organisme tiers. Cette liberté, considérée comme une avancée démocratique majeure, fait aujourd’hui l’objet de débats. En 2023, France Compétences a recensé plus de 2,1 millions de dossiers de formation validés via le CPF, pour un montant global dépassant les 2,5 milliards d’euros.
La monétisation du CPF en euros (et non plus en heures) depuis 2019 a également facilité l’accès au dispositif, mais a parallèlement ouvert la porte à des dérives commerciales. Les démarchages téléphoniques abusifs et les formations de qualité discutable se sont multipliés, poussant les pouvoirs publics à renforcer progressivement les contrôles.
La proposition Farandou : un contrôle préalable systématique
Jean-Pierre Farandou propose une rupture avec le modèle actuel. Concrètement, sa vision d’un « compte professionnel de formation » impliquerait qu’une instance – qu’elle soit l’employeur, un organisme paritaire ou une structure dédiée – valide la pertinence de chaque demande de formation avant son financement. Cette vérification préalable viserait à s’assurer de la cohérence entre le projet de formation et le parcours professionnel du demandeur.
Cette approche s’inscrit dans une logique où la formation professionnelle redevient un outil stratégique au service de l’employabilité et de la compétitivité des entreprises, plutôt qu’un droit individuel exercé de manière totalement autonome. Pour le dirigeant de la SNCF, cette transformation permettrait de :
- Limiter les formations déconnectées des besoins réels du marché du travail
- Réduire drastiquement les fraudes et les abus constatés ces dernières années
- Optimiser l’utilisation des fonds publics et paritaires consacrés à la formation
- Garantir une meilleure qualité des formations suivies
- Renforcer l’articulation entre formation et projet professionnel
Cette proposition n’est pas sans rappeler le fonctionnement du Plan de Développement des Compétences (ex-Plan de formation), où l’employeur joue un rôle central dans la définition des besoins et la sélection des formations. Toutefois, elle soulève immédiatement des interrogations sur le maintien de la liberté de choix des salariés et des demandeurs d’emploi.
Mon Pôle Formation est un organisme certifié Qualiopi, gage de qualité reconnu par l'État. Toutes nos formations sont éligibles au financement CPF et OPCO.
Les enjeux d’une telle réforme pour les actifs
La transformation du CPF en compte soumis à vérification préalable aurait des conséquences directes pour l’ensemble des actifs français. Selon les données de Service-public.fr, chaque salarié à temps plein cumule actuellement 500 euros par an sur son CPF (plafonné à 5 000 euros), et 800 euros pour les salariés peu qualifiés (plafonné à 8 000 euros).
| Critères | CPF actuel | Proposition Farandou |
|---|---|---|
| Autonomie de choix | Totale pour le titulaire | Soumise à validation préalable |
| Délai d’accès | Immédiat (après inscription) | Délai de validation à prévoir |
| Pertinence professionnelle | Responsabilité individuelle | Vérifiée en amont |
| Risque de fraude | Élevé (contrôle a posteriori) | Réduit (filtrage préalable) |
| Adéquation formation/emploi | Variable | Renforcée |
Pour les salariés en reconversion professionnelle, cette réforme pourrait représenter un frein. Actuellement, le CPF permet d’initier des projets de changement de carrière sans l’accord de l’employeur, préservant ainsi la confidentialité des démarches. Une validation préalable par l’employeur ou un tiers pourrait compromettre cette discrétion et limiter les ambitions de mobilité professionnelle.
À l’inverse, pour les demandeurs d’emploi, un système de vérification pourrait garantir une meilleure orientation vers des formations réellement qualifiantes et recherchées sur le marché du travail. En 2024, Pôle emploi a constaté que près de 30% des formations suivies via le CPF par des demandeurs d’emploi ne débouchaient pas sur un retour à l’emploi dans les 6 mois.
Mon Pôle Formation propose plus de 300 formations dans des domaines variés : bureautique, langues, management, sécurité et intelligence artificielle.
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Pour les organismes de formation certifiés Qualiopi comme Mon Pôle Formation, cette évolution du CPF pourrait paradoxalement renforcer leur positionnement. En effet, un système de vérification préalable valoriserait mécaniquement les formations de qualité, alignées sur les besoins réels des entreprises et des secteurs en tension.
Les formations éligibles au CPF sont aujourd’hui référencées par France Compétences, qui vérifie leur conformité avec les critères de qualité nationaux. Cependant, le référencement ne garantit pas systématiquement la pertinence d’une formation pour chaque parcours individuel. Un mécanisme de validation préalable permettrait d’ajouter une couche d’analyse personnalisée.
Les organismes sérieux, qui accompagnent déjà leurs apprenants dans la définition de leur projet professionnel avant l’inscription, ne seraient pas pénalisés par cette évolution. Au contraire, ils verraient leur expertise en conseil renforcée. En revanche, les acteurs opportunistes, qui misent sur des inscriptions massives sans réel suivi pédagogique, devraient revoir leur modèle économique.
Les défis techniques et organisationnels d’une telle réforme
La mise en œuvre d’un système de vérification préalable soulève des questions pratiques considérables. Qui serait responsable de cette validation ? Selon quels critères ? Dans quels délais ? Et avec quels moyens humains et financiers ?
Plusieurs scénarios sont envisageables :
- Le modèle « employeur validateur » : l’entreprise valide les demandes de ses salariés, comme dans le cadre du Plan de Développement des Compétences. Avantage : cohérence avec la stratégie de l’entreprise. Inconvénient : perte d’autonomie du salarié et risque de conflits d’intérêts.
- Le modèle « opérateur de compétences » : les OPCO (Opérateurs de Compétences) examineraient les demandes selon les priorités sectorielles. Avantage : vision sectorielle et expertise métier. Inconvénient : charge administrative importante et délais allongés.
- Le modèle « plateforme centralisée » : un organisme public ou paritaire analyserait toutes les demandes selon des critères standardisés. Avantage : équité de traitement. Inconvénient : lourdeur bureaucratique et coût de fonctionnement élevé.
- Le modèle « algorithme intelligent » : un système automatisé analyserait la cohérence entre profil, projet et formation. Avantage : rapidité et scalabilité. Inconvénient : risque de biais et manque de dimension humaine.
Chacun de ces modèles présente des avantages et des limites. La réalité pourrait être un système hybride, combinant validation automatique pour les projets évidents et examen humain pour les cas complexes. Toutefois, même dans cette configuration, le nombre de dossiers à traiter annuellement (plus de 2 millions) nécessiterait des moyens considérables.
Le contexte européen et les expériences étrangères
La France n’est pas le seul pays à réfléchir à l’équilibre entre liberté individuelle et efficacité collective en matière de formation professionnelle. En Allemagne, le système de formation continue repose largement sur le dialogue social et l’implication des entreprises dans la définition des besoins. Les salariés bénéficient d’un droit à la formation, mais celui-ci est généralement exercé en concertation avec l’employeur.
Au Royaume-Uni, le système des « Apprenticeship Levy » impose aux grandes entreprises de financer la formation professionnelle, mais celles-ci conservent un contrôle important sur l’utilisation de ces fonds. Cette approche favorise l’adéquation formation-emploi, mais limite l’autonomie des salariés dans leurs choix de développement professionnel.
La Suède, souvent citée en exemple, a développé un système où les partenaires sociaux jouent un rôle central dans l’orientation des financements formation, tout en préservant des droits individuels importants. L’équilibre trouvé repose sur une culture du dialogue social particulièrement développée.
Ce qu’il faut retenir
- Jean-Pierre Farandou propose de transformer le CPF en compte professionnel soumis à vérification préalable des demandes de formation
- Cette réforme vise à limiter les fraudes, optimiser les fonds publics et garantir la pertinence des formations suivies
- Les actifs pourraient perdre en autonomie mais gagner en accompagnement et en efficacité de leurs parcours
- Les organismes de formation de qualité seraient valorisés, tandis que les acteurs opportunistes seraient écartés
- La mise en œuvre technique d’un tel système soulève des défis organisationnels et financiers importants
- Le débat reflète une tension permanente entre liberté individuelle et efficacité collective dans les politiques publiques de formation
Cette proposition de réforme du CPF relance un débat fondamental sur la nature même du droit à la formation professionnelle en France. Entre droit individuel inaliénable et outil stratégique au service de l’économie, le CPF incarne les contradictions de notre modèle social. Quelle que soit l’issue de ce débat, il est essentiel que chaque actif puisse bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans la construction de son projet professionnel. C’est précisément la mission que se donne Mon Pôle Formation, organisme certifié Qualiopi basé à Lyon, qui propose des formations qualifiantes en adéquation avec les besoins du marché du travail, tout en respectant les aspirations individuelles de chaque apprenant. N’hésitez pas à nous contacter pour construire ensemble votre parcours de formation, quel que soit le cadre réglementaire à venir.