Publié le 26 août 2026 par Mon Pôle Formation
François Bonneau, président de Régions de France, a récemment exprimé une vive inquiétude face à ce qu’il qualifie de « désengagement absolu du gouvernement sur l’apprentissage et la formation », selon les informations rapportées par AEF info. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions budgétaires accrues et ravive le débat sur le financement de l’apprentissage en France, compétence partagée entre l’État et les Régions depuis la réforme de 2018. Cette alerte soulève des questions cruciales pour les acteurs de la formation et les personnes en reconversion professionnelle.
Le contexte du financement de l’apprentissage en France
Depuis la loi « Avenir professionnel » de 2018, le paysage de l’apprentissage a connu une profonde transformation. Alors que les Régions détenaient historiquement la compétence de l’apprentissage, la réforme a transféré la majorité du pilotage financier à France Compétences, l’institution nationale chargée de la régulation et du financement de la formation professionnelle et de l’apprentissage.
Conformément aux dispositions du Ministère du Travail, ce nouveau modèle repose sur un financement au contrat : chaque apprenti génère un financement via les Opérateurs de Compétences (OPCO), alimentés par la taxe d’apprentissage et les contributions des entreprises. Le système visait à simplifier l’accès à l’apprentissage et à le rendre plus réactif aux besoins économiques.
Toutefois, ce modèle a rapidement montré ses limites financières. Entre 2019 et 2023, le nombre d’apprentis en France a explosé, passant de 485 000 à plus de 837 000 selon les chiffres officiels. Cette croissance spectaculaire, encouragée par des aides exceptionnelles aux employeurs, a engendré une explosion des coûts, creusant le déficit de France Compétences.
| Année | Nombre d’apprentis | Coût estimé (en milliards €) |
|---|---|---|
| 2019 | 485 000 | 6,2 |
| 2021 | 718 000 | 11,3 |
| 2023 | 837 000 | 13,5 |
| 2026 (projection) | 850 000+ | 14,2 |
Les griefs des Régions : un partage inégal des responsabilités
La critique de François Bonneau s’inscrit dans une série de tensions entre les Régions et l’État concernant le financement de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Selon les représentants des Régions, plusieurs éléments justifient leur inquiétude :
- Le poids financier des investissements infrastructurels : les Régions restent responsables de la construction, de l’entretien et de l’équipement des centres de formation d’apprentis (CFA), représentant des centaines de millions d’euros d’investissement annuel.
- La diminution des dotations de l’État : face au déficit de France Compétences, plusieurs Régions dénoncent une réduction des compensations financières promises lors de la réforme de 2018.
- L’absence de visibilité budgétaire : le modèle de financement au contrat crée une incertitude pour la planification régionale, notamment pour anticiper les besoins en formation et en équipements.
- La concurrence sur l’offre de formation : la libéralisation totale de l’offre d’apprentissage a fragilisé certains CFA publics ou associatifs portés par les Régions, au profit d’acteurs privés.
Comme le souligne le Service-public.fr, la formation professionnelle demeure un enjeu stratégique d’aménagement du territoire et d’égalité d’accès aux compétences. Or, selon les Régions, le désengagement budgétaire de l’État compromet cette mission.
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Les conséquences concrètes pour les apprenants et les entreprises
Au-delà des débats institutionnels, ce désengagement présumé a des répercussions directes sur le terrain. Pour les personnes en formation ou en reconversion, plusieurs scénarios se dessinent :
Une offre de formation fragilisée dans certains territoires : si les Régions réduisent leurs investissements faute de compensations suffisantes, certains CFA pourraient fermer ou limiter leurs capacités d’accueil, notamment dans les zones rurales ou les filières moins rentables économiquement mais essentielles socialement.
Des coûts potentiellement répercutés : certains organismes de formation pourraient être tentés d’augmenter leurs tarifs ou de réduire la qualité de l’accompagnement pour maintenir leur équilibre financier, même si le financement public via Mon Compte Formation encadre strictement les prix.
Une sélectivité accrue : face à la pression budgétaire, les CFA pourraient privilégier les formations les plus demandées par les entreprises, au détriment de parcours plus spécialisés ou innovants.
Un impact sur la qualité de l’accompagnement : les services d’orientation, de suivi pédagogique et d’insertion professionnelle, souvent financés par les Régions en complément du financement au contrat, pourraient être réduits.
Pour les entreprises, notamment les TPE et PME qui recrutent des apprentis, l’instabilité du système peut générer de l’incertitude. La réduction ou la suppression des aides à l’embauche, combinée à des difficultés de certains CFA à assurer un accompagnement de qualité, pourrait freiner leur engagement dans l’apprentissage.
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Face à ces tensions, plusieurs pistes sont régulièrement évoquées par les acteurs du secteur pour sécuriser le financement et l’organisation de l’apprentissage :
Un pilotage budgétaire renforcé : certains experts plaident pour un mécanisme de régulation plus strict du nombre de contrats financés, avec des priorités sectorielles définies en concertation entre l’État, les Régions et les branches professionnelles.
Une clarification des responsabilités : la redéfinition du rôle des Régions, soit en leur redonnant un pouvoir de pilotage stratégique, soit en assumant pleinement le transfert à l’État, apparaît nécessaire pour éviter les doublons et les conflits de compétences.
Un financement pérenne : la création d’un fonds de stabilisation ou d’une contribution spécifique pourrait garantir la soutenabilité du système, notamment pour les investissements lourds (bâtiments, équipements numériques, transition écologique).
Une évaluation de la qualité : au-delà du nombre de contrats signés, l’accent doit être mis sur les taux d’insertion professionnelle, la satisfaction des apprenants et des employeurs, et l’adéquation des formations aux besoins économiques territoriaux.
D’après France Compétences, l’institution travaille actuellement à une révision du modèle de financement pour 2027-2028, avec l’objectif de garantir l’équilibre budgétaire tout en préservant l’attractivité de l’apprentissage. Cette réforme devra impérativement associer les Régions pour éviter de nouvelles tensions.
Ce qu’il faut retenir
- Les Régions dénoncent un « désengagement absolu » de l’État sur le financement de l’apprentissage et de la formation professionnelle.
- Depuis 2018, le pilotage financier a été transféré à France Compétences, créant un déficit structurel face à l’explosion du nombre d’apprentis.
- Les Régions conservent la charge des infrastructures (CFA) sans compensation budgétaire suffisante selon elles.
- Cette situation pourrait fragiliser l’offre de formation dans certains territoires et impacter la qualité de l’accompagnement.
- Une réforme du modèle de financement est attendue pour 2027-2028, avec une concertation indispensable entre l’État et les Régions.
- Pour les apprenants, il reste essentiel de bien choisir son organisme de formation et de s’assurer de la qualité de la certification.
Face à ces incertitudes, il est plus que jamais crucial de vous faire accompagner par des organismes de formation certifiés et engagés dans la qualité. Chez Mon Pôle Formation, organisme certifié Qualiopi basé à Lyon, nous vous garantissons un accompagnement personnalisé et des parcours de formation adaptés aux réalités du marché du travail, quel que soit le contexte institutionnel. N’hésitez pas à nous contacter pour construire ensemble votre projet professionnel dans un cadre sécurisé et reconnu.