Qu’on exerce en libéral ou comme salarié, la formation continue n’est pas une option pour les orthophonistes : c’est une obligation. Le développement professionnel continu (DPC) impose à chaque professionnel de santé de justifier, sur une période de trois ans, d’un engagement réel dans une démarche d’actualisation de ses compétences. Concrètement, le parcours doit combiner au moins deux types d’actions parmi la formation continue, l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et la gestion des risques. Loin d’être une simple formalité administrative, cette obligation est surtout l’occasion d’investir des champs cliniques que la formation initiale n’a fait qu’effleurer.
Les troubles de l’oralité alimentaire en font clairement partie. Ce motif de consultation revient de plus en plus souvent dans les cabinets, alors même que beaucoup de praticiens n’ont reçu, pendant leurs études, qu’un aperçu partiel du sujet. Pour combler cet écart, des organismes spécialisés comme Pôle Formation Santé proposent une formation dpc orthophonie en ligne entièrement consacrée aux troubles de l’oralité alimentaire de l’enfant, du bilan jusqu’à la rééducation.
Refus, sélectivité, hypersensibilité : les troubles de l’oralité alimentaire touchent de nombreux enfants suivis en orthophonie.
De quoi parle-t-on exactement ?
L’oralité alimentaire repose sur l’intégration de trois composantes : sensorielle, motrice et psycho-affective. Quand l’une d’elles se dérègle, l’enfant peut développer un trouble développemental des fonctions orales, parfois désigné sous le terme de « dysoralité ». Les manifestations sont variées : sélectivité marquée selon la texture, la couleur ou la température des aliments, refus du passage aux morceaux, hypersensibilité oro-faciale, réflexes nauséeux exacerbés, ou encore difficultés de succion-déglutition chez le nourrisson. Dans les formes sévères, on observe parfois une cassure de la courbe de poids et un retentissement net sur la relation familiale autour du repas. Il ne s’agit pas d’une maladie à proprement parler, mais d’un ensemble de signes qui appellent une prise en charge structurée.
Certains profils justifient une vigilance particulière : les anciens prématurés, les enfants porteurs de troubles neurodéveloppementaux, ou ceux ayant des antécédents digestifs ou cardiorespiratoires. Quelques repères simples doivent alerter et orienter vers un bilan orthophonique : l’absence d’exploration de la bouche entre 0 et 24 mois, le refus des aliments mixés après 7 mois, ou le refus des solides après 12 mois. Sur le plan des classifications, ces tableaux recoupent en partie l’ARFID décrit dans le DSM-5 et le trouble de l’alimentation de l’enfance reconnu par la CIM-11 de l’OMS.
La place centrale de l’orthophoniste
La prise en charge est presque toujours pluridisciplinaire — médecin, psychomotricien, ergothérapeute, psychologue, pédiatre — mais l’orthophoniste y occupe une position clé. Son bilan explore la sphère orofaciale au repos comme en mouvement, la déglutition et les praxies. La rééducation, elle, s’appuie sur une désensibilisation progressive, un travail sensori-moteur et une guidance parentale sans laquelle rien ne tient dans la durée. Ce sont précisément ces gestes fins, ces protocoles et ces outils concrets qu’une formation dédiée permet d’acquérir ou de consolider, cas cliniques à l’appui. C’est aussi ce qui distingue une pratique « au feeling » d’une prise en soin réellement structurée et reproductible.
Mon Pôle Formation est un organisme certifié Qualiopi, gage de qualité reconnu par l'État. Toutes nos formations sont éligibles au financement CPF et OPCO.
Concrètement, comment s’y engager ?
Sur le plan réglementaire, l’obligation figure à l’article L.4021-1 du Code de la santé publique. Pour les orthophonistes libéraux conventionnés, l’Agence nationale du DPC (ANDPC) peut prendre en charge tout ou partie des actions éligibles ; le FIF-PL constitue un autre levier de financement. Les salariés, également soumis à l’obligation, construisent leur parcours en lien avec leur employeur. Choisir l’oralité comme axe de formation permet ainsi de répondre à une exigence légale tout en renforçant une compétence de plus en plus demandée.
En résumé : l’obligation de DPC est incontournable, autant en faire un véritable outil de montée en compétences. Les troubles de l’oralité alimentaire, à la croisée du sensoriel, du moteur et du relationnel, comptent aujourd’hui parmi les sujets les plus utiles à investir pour enrichir durablement sa pratique.